Histoire d'un voyage*

Les jeunes du COXV et de l’USPXV s’apprêtent à partir en voyage. Ce voyage est un prétexte pour jouer au rugby. Mais on pourrait dire aussi que le rugby est un prétexte pour voyager. Car c’est un sport qui voyage justement. Dans l’espace, certes, mais aussi dans le temps.

Comme chacun le sait, le rugby est né il y a quelques centaines de millénaires dans le sud de la France. Il faut dire que le sport de nos lointains ancêtres était plutôt primitif et surtout dangereux : l’homme de Tautavel, jouant avec une grosse pierre, mourut ainsi avec un trou dans son crâne (les casques n’existaient malheureusement pas à l’époque). Ce qu’il convient d’appeler le « proto-rugby » continue de progresser (se développant en particulier chez Homo usapiens) et s’étend à travers le territoire, à travers le pays ; il finit par atteindre la capitale, où les pierres sont remplacées par des projectiles plus légers, plus compatibles avec le physique et les mœurs raffinées des Parisiens. Enfin, le rugby fait son entrée à la cour où il devient le sport des rois. Et celui que l’on considère aujourd’hui comme le roi le plus sportif que le pays ait jamais connu, François Ier, sera sacré roi à sa demande en l’an doublement symbolique de 1515. 

Le roi Henri IV, connu pour avoir inventé la recette de la poule au pot, créa également le coq au vin, dont les origines rugbystiques sont intéressantes. En effet, le rugbyman roi décida un jour de remplacer la désormais traditionnelle balle en peau par une balle plus « vivante » (mais de taille et de poids équivalents à une balle normale) histoire de tromper l’adversaire. C’est ainsi que le jeune Henri se saisit d’un malheureux coq prénommé Gilbert : il le pluma et l’introduisit dans le jeu. Ainsi naquit la pratique dite de la « balle à l’aile ». Ce fut un coup de génie, et l’adversaire fut royalement trompé. La pratique se généralisa et on disait des rugbymen d’alors qu’ils « faisaient vivre le ballon ». Ce que l’on appelait le « coq au vingt » était tout simplement l’équivalent de notre renvoi au vingt-deux (les terrains étant plus petits à l’époque), c’est-à-dire une reprise du jeu consistant à faire voler le coq sans plumes à l’aide d’un coup de pied. Or la répétition de ce geste finissait parfois par achever la pauvre bête avant le coup de sifflet final. C’est justement de là que vient la tradition de la troisième mi-temps, qui était à l’origine un repas solennel à base du valeureux coq mort au combat et cuit au vin.

Deux autres rois de France afficheront pour la postérité leur amour de ce sport : Louis XIII et Louis XV. Puis vient l’affront : un roi qui se croit au-dessus du peuple et qui souhaite changer les règles du rugby par excès d’amour propre. C’est ainsi, vêtu d’un ridicule maillot en dentelle orné de fanfreluches, en essayant d’instaurer le rugby à XVI, qu’un vaniteux roi, l’avant-dernier des Louis, déclencha l’assaut de la Bastille. Le rugby devient tout un symbole et les révolutionnaires s’en inspirent, parlant de partage, de valeurs, vantant l’importance du collectif.

L’empereur Napoléon (né un 15 août) était, lui aussi, rugbyman. D’ailleurs, son surnom « Lou Castagnié » évoque clairement ses affinités avec le rugby et en particulier avec un certain geste technique naguère à la mode, mais aujourd’hui tombé en désuétude, communément appelé « la châtaigne ».

Quand, au 19e siècle, le petit William Webb Ellis et les collégiens nantis de l’établissement éponyme du sport en Angleterre croient inventer le rugby, ils ne font que sceller des pratiques en place depuis des siècles et ayant traversé la Manche (notamment dans le sillage de la célèbre rencontre sportive entre François Ier et Henri VIII d’Angleterre, roi Tudor né de l’union des roses). C’est à la lumière des faits historiques évoqués ici qu’il convient justement de relire le poète (et fan de rugby) Pierre de Ronsard qui, s’adressant à une certaine Cassandre aux abords du stade le soir d’un match France-Angleterre en 1545, disait ceci : « Mignonne, allons voir si la rose […] a point perdu cette vesprée ». Malheureusement, le résultat de ce match ne nous est pas parvenu, mais la rivalité entre ces deux nations, elle, perdure.

Pour ce qui est des liens avec le Pays de Galles, c’est vers l’histoire de la Catalogne qu’il faut se tourner. Justement, pour ces deux nations fières de leur passé et insatisfaites de leur présent, il y a une rivalité digne des meilleurs contes : une nation dont l’emblème est un dragon face à l’autre dont le héros est un tueur de dragons ! Il ne faut pas oublier d’ailleurs qu’une forme de rugby fut introduite en Catalogne au Moyen-Âge par le valeureux Jordi qui, après avoir délivré son village, fit déplacer les œufs récupérés dans l’antre de la bête morte par une technique que l’on appelle parfois la « chaîne humaine » mais qui n’était autre qu’une longue ligne de passes. La récupération du mot « cocotte » (du catalan cocota) viendrait d’ailleurs de cette époque où on pratiquait une forme de rugby avec des œufs de dragon, justement, car il fallait se regrouper autour de l’œuf-ballon afin de le protéger, de le garder au chaud.

Outre le rapprochement évident entre Catalans et Gallois incarné par l’affrontement mythique entre Jordi et le dragon, il y a également celui plus cocasse exploité récemment par les créateurs du film Shrek : l’âne dompteur de dragons, en l’occurrence d’une dragonne, bref el burro axurit que sedueix !

Comme vous avez pu le constater, il s’agit d’un sport qui a su voyager dans l’espace, dans le temps, mais aussi dans l’imagination, et qui a su s’adapter, se transporter. Chers enfants, vous en êtes les héritiers. Soyez-en fiers, et portez haut les couleurs du club lors de votre voyage !

* Certains des faits historiques évoqués ici sont véridiques.

Beau temps à Cardiff

18 avril - Croeso i Gymru


Nous voilà installés à l’hôtel Nos da, à deux pas du centre de Cardiff. Après une nuit tranquille, sans incidents (les enfants se sont couchés à 19h) nous avons pris un bon petit-déjeuner ce matin. Au programme aujourd’hui : visite du centre-ville, entraînement et piscine.


19 avril - Beau temps à Cardiff


Hier, tout le monde a profité du beau temps pour découvrir le centre-ville de Cardiff. Dans l'après-midi, cadets et minimes se sont entraînés sur la pelouse de Saint Peter's RFC avant de prendre un goûter gallois (burger-frites). Le soir nous avons assisté au match Cardiff-Lanelli à l'Arms Park. Aujourd'hui, escalade et bowling.


20 avril - Sol y sombra


Après une excellente matinée au centre d’escalade de Cardiff nous avons déjeuné au club de Saint Peter's sous un soleil de printemps gallois. Dans l'après-midi nous avons visité la baie de Cardiff avant de faire un bowling. De retour à l'hôtel en fin d'après-midi l'ambiance est tendue, nos jeunes font un peu trop de bruit depuis le début du séjour. Au lit tôt après un repas pris en commun dans le centre-ville.


21 avril - Good game


La journée d'hier a commencé avec la visite du Principality stadium, avant de faire les boutiques dans le centre-ville. Après le déjeuner pris  à l'hôtel, les minimes offrent des cadeaux aux éducateurs - un beau geste, spontané, touchant! (mais il fallait pas...) Dans l'après-midi, on se rend au stade de Saint Peter's (tout en perdant un sac de crampons sur la voie rapide), où on se prépare au match tant attendu. A l'arrivée, les minimes s'inclinent sur le score de 3 essais à 4 (17-24) ou 2 à 4 ... ou 3 à 5 selon les versions. Il y a un joueur dans l'équipe adverse qui nous punit, mais pour le reste les minimes offre un beau spectacle durant une heure. En dents de scie, certes, avec beaucoup trop de fautes, de mauvais choix en attaque ou en défense, mais aussi avec quelques jolis tampons, des percées, des combinaisons réussies et d'excellentes touches portées. Les cadets, quant à eux, gagnent leur match 22-21. Le bus qui nous ramène arrive un peu tard, et on se met à table à l'hôtel à 23h. Puis dodo ... pour les uns et nuit blanche pour les autres. 


21 avril (soir) - Dulce domum


Après quatre jours de beau temps à Cardiff le soleil cède sa place à la traditionnelle pluie galloise. Le ciel pleure notre départ diront les uns ... des larmes de joie des employés de l’hôtel excédés par nos jeunes rugbymen diront les autres. C'est la course contre la montre pour arriver à l'aéroport suite à un accident à la hauteur du célèbre pont suspendu de Clifton dans la banlieue de Bristol. Enfin arrivés, on enregistre les bagages avant de gagner la porte d'embarquement. Et ce n'est qu'au terme des négociations houleuses avec le personnel de la compagnie aérienne que nous arrivons à faire retarder le décollage de l'avion, le temps de récupérer une brebis perdue... Pour le reste, c'est un voyage sans incidents, rythmé par les ronflements des jeunes.




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